Historique de l’EMPT

HISTORIQUE
1- Origine et évolution du statut juridique
Pour bien saisir le sens de la création de cette école, il faut remonter jusqu’à l’époque de Faidherbe qui aurait, depuis 1855, inauguré la création des « écoles des otages », premières tentatives de scolarisation des fils des chefs traditionnels.
L’objectif de ces premières écoles primaires coloniales était de former des auxiliaires de l’administration. Mais dès 1939, la Deuxième Guerre mondiale précipite le cours des événements et donne une consistance au projet de Faidherbe. En effet, les tirailleurs sénégalais, recrutés dans toute l’ex-AOF, devaient abandonner leurs femmes, mais surtout leurs enfants qui devenaient dès lors des orphelins potentiels.
Cette situation particulière aurait amené l’administration coloniale à transformer les «écoles des otages» en écoles des enfants de troupe, en leur assignant les objectifs suivants :
– d’abord, donner une éducation aux enfants des tirailleurs pour leur assurer un avenir décent ;
– ensuite, former un embryon de cadres subalternes de l’armée coloniale. C’est ainsi que les seuls enfants autorisés à entrer dans ces écoles n’étaient que des fils de gardes cercles, d’anciens combattants et de tirailleurs sous les armées. Aujourd’hui l’école fonctionne comme un lycée militaire polyvalent. Cela est le fruit d’une longue mutation, liée à l’évolution globale des colonies françaises d’Afrique noire, mais aussi à certaines circonstances locales que nous évoquerons plus loin.
Ainsi, l’école des enfants de troupe dure de 1939 à 1955, mais à partir de 1956, le décret n°56-980 du 27 septembre 1956 fixe les structures légales et définitives de l’école qui devient désormais E.M.P.T.A. (École Militaire Préparatoire Technique Africaine), à l’instar de celles de Saint-Louis au Sénégal, de Ouagadougou en Haute-Volta, de Kati au Mali, de Brazzaville au Congo-Brazzaville, de Fianarantsoa à Madagascar.
De toutes ces écoles, celle de Bingerville est la seule à ouvrir une filière technique d’où son appellation E.M.P.T.A., quelle gardera jusqu’à 1962, pour devenir finalement E.M.P.T.
Aujourd’hui, en tant qu’institution de formation militaire, l’E.M.P.T est sous tutelle du Ministère de la Défense et directement gérée par l’Etat-Major Général des Forces Armées de Côte d’Ivoire.
2- Modalités de recrutement et évolution de la formation
Pour répondre à ces deux préoccupations, il faut se référer à l’évolution générale de l’institution.
Pendant la période des E.E.T. c’est-à-dire de 1939 à 1955, l’accueil dans l’établissement se faisait par voie de recrutement direct. Les fils des chefs, de notables, d’anciens combattants, de garde-cercles et de tirailleurs en exercice étaient les cibles privilégiées. Les élèves provenaient de toute l’ancienne A.O.F.
L’E.E.T. ne comportait alors qu’un cycle primaire et ne préparait essentiellement qu’au CEP. Cependant, en plus de l’enseignement général, il était dispensé des cours d’enseignement technique centrés principalement sur les disciplines pratiques : menuiserie, électricité, ajustage.
Les meilleurs élèves pouvaient entrer à l’E.P.S. (École Primaire Supérieure) de Bingerville pour poursuivre leurs études tandis que les autres étaient déversés directement dans l’armée coloniale.
Mais dès 1947-1948, l’E.P.S devient le Collège Moderne de Treich-Laplène et l’E.E.T, dans ces nouvelles conditions, se trouve dans l’obligation d’ouvrir sa première classe de 6e en 1952. Cette première transformation marque le début de la création du second cycle qui sera entérinée par le décret de 1956. Cette étape entraîne du coup la disparition du cycle primaire et l’E.E.T devient École Militaire Préparatoire de Bingerville.
Dès cette date, par souci d’efficacité et de sélectivité, un concours d’entrée en 6e est institué. L’école se spécialise dans les filières techniques et fonctionne sur le modèle d’un collège technique. La formation reçue est sanctionnée par le Brevet élémentaire, le Certificat d’Aptitude Professionnelle, et le Certificat d’Aptitude Technique.
Cette situation dure jusqu’en 1964, date à partir de laquelle de nouvelles dispositions transforment progressivement l’école en un lycée technique avec la création des sections BEP en mécanique auto et électronique, B.T. en mécanique auto et BAC F2 en électronique.
À ces filières techniques vont s’ajouter les filières classiques et modernes, avec l’ouverture des classes de Secondes A et C en 1989 qui débouchent en Terminales sur la préparation des BACS séries littéraires A et scientifiques C et D.
Dès lors, l’EMPT acquiert le statut d’un lycée Militaire Polyvalent où filières techniques et classiques se côtoient agréablement, sous la bienveillante attention d’un encadrement civilo-militaire dévoué et efficace.


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